L'armée polonaise et le déploiement
À la tête de l'armée polonaise, le maréchal prépare la défense du pays face à une attaque allemande devenue probable. Mais la géographie est cruelle : la Pologne présente à l'Allemagne une frontière immense, et le pays est presque encerclé depuis l'annexion de la Tchécoslovaquie et l'arrimage de la Slovaquie au Reich.
2 écoles s'opposent sur le déploiement. Défendre l'avant, au plus près des frontières, pour protéger les régions industrielles de Silésie, les ports et le cœur économique du pays — et pour ne pas céder un pouce de terrain, ce qui aurait un coût politique vis-à-vis de l'opinion et des alliés. Ou se replier d'emblée derrière les grands fleuves — Vistule, San, Narew —, sur une ligne plus courte et plus défendable, en abandonnant l'ouest mais en préservant l'armée.
Rydz-Śmigły doit trancher. Le déploiement avancé est risqué militairement, mais la retraite préventive heurte des considérations économiques et politiques majeures. Le choix conditionnera la capacité de l'armée à tenir jusqu'à ce que la France et le Royaume-Uni interviennent à l'Ouest.
Varsovie, juillet 1939, vous êtes Rydz-Śmigły : défendre aux frontières ou se replier derrière les grands fleuves ?
Rydz-Śmigły choisit de défendre l'avant pour protéger l'industrie et ne céder aucun territoire : pour des raisons économiques — protéger la Silésie industrielle et les ports — et politiques — ne pas paraître abandonner la moitié du pays —, l'armée polonaise se déploie au plus près des frontières, sur un front démesurément étendu. Ce dispositif, étiré et difficile à coordonner, facilitera les percées des colonnes blindées allemandes en septembre 1939. Beaucoup d'historiens estiment qu'une défense derrière les fleuves aurait été militairement plus solide, mais elle se heurtait à des impératifs que le commandement polonais ne pouvait ignorer. La Pologne misait surtout sur une offensive française rapide à l'Ouest, qui ne viendra pas.
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