Kaiser, le rivet et l'arc electrique
n'est pas un homme de la mer. Batisseur de barrages, de ponts et de routes, il s'est lance dans la construction navale en montant ses chantiers de Richmond, sur la baie de San Francisco, pour produire des cargos a un rythme que l'industrie navale traditionnelle juge impossible.
Le metier impose le rivetage : des equipes qualifiees assemblent les toles plaque par plaque, sur cale, pendant des mois. Mais Kaiser manque de riveteurs experimentes et veut transposer les methodes de la production de masse : prefabrication de grandes sections en atelier, assemblage en parallele, et soudure a l'arc electrique a la place des rivets.
Le rivetage est eprouve et tolere mieux les defauts d'une main-d'oeuvre novice, mais il est lent et alourdit la coque. La soudure promet vitesse et economie de main-d'oeuvre, mais c'est une technique jeune pour des coques entieres, dont la tenue en mer reste a prouver. Kaiser doit trancher.
Pour produire ses cargos en serie a une cadence inedite, quelle methode d'assemblage des coques Kaiser doit-il privilegier ?
Kaiser opta pour la coque entierement soudee et la prefabrication en sections, decision prise en concertation avec la Maritime Commission et l'American Bureau of Shipping. Cette methode reduisit spectaculairement les delais (de plusieurs mois a quelques semaines) et permit d'employer une main-d'oeuvre peu qualifiee, dont de nombreuses femmes. Le revers apparut pendant la guerre : des coques soudees se fissurerent, certaines se brisant en deux. Les travaux de montrerent apres coup que la cause etait la fragilisation de l'acier au froid et la propagation libre des fissures dans une coque monobloc soudee, defaut corrige par des renforts et un meilleur acier.









