Un bombardier par heure : le pari de Willow Run
Au printemps 1941, Ford lance à Willow Run, dans le Michigan, la construction de l'une des plus grandes usines du monde. L'objectif affiché est vertigineux : sortir un bombardier lourd B-24 Liberator à un rythme jamais vu pour l'aviation, destiné à l'US Army Air Forces.
Mais le défi est immense. Ford n'a jamais construit d'avion. Le génie civil traîne, la main-d'œuvre qualifiée manque, et l'assemblage d'un bombardier n'a rien de commun avec celui d'une automobile. Les premières cadences restent dérisoires face aux promesses.
, surnommé « Cast Iron Charlie », doit trancher. Faut-il forcer le rythme en pressant les ouvriers, simplifier la conception même du B-24, ou transposer à l'avion les méthodes de la chaîne automobile ?
Face à une usine géante qui peine à démarrer, comment Sorensen doit-il organiser la production du B-24 ?
Sorensen choisit de transposer le « système Detroit » à l'aéronautique : il décompose le bombardier en 11 grands ensembles puis en 69 sous-assemblages montés sur chaîne mobile, comme des voitures. La montée en puissance fut lente et douloureuse — Willow Run resta longtemps surnommée « Will it run ? » — mais finit par tenir le pari : en 1944, l'usine sortit un B-24 toutes les 63 minutes environ, devenant le symbole de la puissance industrielle américaine.









