Tsolakoglou et la reddition de l’armée grecque
Le lieutenant-général , né en 1886, commande la , soit l'essentiel des forces grecques engagées depuis l'automne contre les Italiens en Albanie. Pendant des mois, ses divisions ont repoussé l'offensive de Mussolini et même progressé en territoire albanais — une humiliation pour Rome.
Mais le 6 avril 1941, la Wehrmacht a franchi la frontière depuis la Bulgarie. La ligne Metaxas est tombée, Salonique est prise, et les colonnes blindées allemandes contournent désormais par l'ouest les armées grecques d'Albanie, menaçant de les enfermer.
Pour Tsolakoglou, la situation est sans issue : ses quatorze divisions sont épuisées, à court de munitions, et risquent l'encerclement total. Le commandant en chef est loin, le gouvernement chancelle. Une reddition paraît inévitable. Reste une question qui le ronge : à qui se rendre.
Car l'idée de capituler devant les Italiens — qu'il estime avoir vaincus sur le terrain — lui est insupportable. Or l'Allemand , qui commande la brigade face à lui, n'est pas l'Italien. Sans aucune autorisation d'Athènes, Tsolakoglou doit décider comment poser les armes.
Tsolakoglou doit-il négocier une reddition en règle devant les deux partenaires de l'Axe, parlementer en secret avec les seuls Allemands, ou obéir à Papagos et combattre jusqu'au bout ?
Tsolakoglou choisit A : sans mandat de sa hiérarchie, il dépêche des émissaires vers les lignes allemandes et, le 20 avril 1941, signe un protocole de reddition avec le SS-Obergruppenführer . Le texte, sur ordre de Hitler, est tenu secret des Italiens et ne mentionne délibérément aucun partenaire de l'Axe : il s'agit de priver Mussolini d'une victoire jugée imméritée. Papagos, furieux, ordonne aussitôt que Tsolakoglou soit relevé et que la résistance continue — en vain. Le lendemain, à Larissa, la capitulation inconditionnelle de l' est formalisée. Devant l'indignation de Mussolini, une troisième cérémonie associant cette fois les Italiens est rejouée le 23 avril. Quelques jours plus tard, Tsolakoglou accepte de diriger le gouvernement collaborationniste de Grèce occupée — un choix qui le mènera, après la guerre, à une condamnation à mort commuée.









