Fin avril 1941, l'armée allemande déferle vers le sud de la Grèce ; l'armée grecque de Macédoine a capitulé, et celle d'Épire, victorieuse des Italiens mais coupée, dépose les armes. Le gouvernement grec, qui avait accueilli le corps expéditionnaire britannique, voit son pari stratégique s'effondrer. Le président du Conseil , accablé, se suicide le 18 avril ; le roi doit recomposer un pouvoir en pleine débâcle.
La question qui se pose au sommet de l'État grec est celle de la continuité de la lutte. Faut-il rester sur le sol national et négocier une reddition pour épargner la population et la capitale ? Suivre l'exemple d'autres gouvernements (Norvège, Pologne, Pays-Bas) et partir en exil pour poursuivre la guerre depuis la Crète puis l'Égypte, aux côtés des Britanniques ? Ou se rendre purement et simplement, jugeant la cause perdue ?
Les Allemands approchent d'Athènes, déclarée bientôt ville ouverte pour lui épargner le sort de Belgrade. La décision engage la légitimité de l'État grec, le sort de l'alliance avec Londres et l'avenir d'une résistance nationale.
Le pouvoir grec doit-il capituler sur place ou poursuivre la guerre en exil ?
Le roi et son gouvernement choisissent B : ils gagnent la Crète, puis l'Égypte, pour poursuivre la guerre aux côtés des Alliés, tandis qu'Athènes est déclarée ville ouverte. Le 27 avril 1941, la Wehrmacht entre dans la capitale et hisse le drapeau à croix gammée sur l'Acropole — un soldat grec chargé de l'amener s'enroulant, selon la légende patriotique, dans le drapeau national plutôt que de le livrer. La radio grecque libre diffuse un dernier message de défi. La Grèce continentale est occupée et bientôt partagée entre l'Allemagne, l'Italie et la Bulgarie ; commence une occupation brutale, marquée par une terrible famine durant l'hiver 1941-1942 et par l'essor d'une résistance tenace.









