Blocus et famine : ouvrir une brèche pour la Grèce ?
et le britannique reçoivent depuis l'automne 1941 des rapports accablants en provenance d'. Les réquisitions massives de denrées par les forces d'occupation allemandes et italiennes, conjuguées à l'effondrement des importations et au blocus naval que la Royal Navy maintient en Méditerranée orientale, ont vidé la capitale grecque de ses réserves alimentaires. Chaque semaine, des milliers de civils — enfants, vieillards, ouvriers — meurent de faim dans les rues ou dans les hôpitaux débordés. La internationale et plusieurs gouvernements neutres pressent Londres d'autoriser le passage de navires chargés de blé.
Le Cabinet est divisé. Lever même partiellement le blocus revient, selon ses opposants, à nourrir indirectement les divisions de l'Axe stationnées en et à affaiblir l'arme économique que Londres considère comme l'un de ses leviers de guerre essentiels. D'autres membres soutiennent qu'autoriser une brèche étroite sous le contrôle strict de la sauverait des centaines de milliers de civils sans apport réel à la machine de guerre ennemie.
Churchill et ses ministres doivent trancher : autoriser une brèche humanitaire dans le blocus, sous contrôle de la , pour laisser passer du blé ; maintenir le blocus intégral pour ne rien céder de l'arme économique contre l'Axe ; ou exiger des garanties allemandes impossibles, repoussant de fait tout secours sans en assumer la responsabilité.
Londres, 15 janvier 1942, Winston Churchill et le Cabinet de guerre : faut-il entrouvrir le blocus naval pour laisser des vivres atteindre la Grèce affamée ?
Après d'âpres débats, Londres consent à entrouvrir le blocus. À partir de 1942, des navires neutres — dont un cargo suédois affrété sous l'égide de la — acheminent du blé canadien et turc vers les ports grecs. L'aide arrive trop tard et en quantité insuffisante pour enrayer la catastrophe : la famine de 1941-1944 fera plusieurs centaines de milliers de morts en occupée. Elle finit néanmoins par sauver d'innombrables vies et pose un précédent capital pour le secours humanitaire en territoire ennemi.
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