Étudier dans le ghetto de Varsovie
À l'automne 1941, dans le ghetto de Varsovie, l'enseignement déclaré pour les enfants juifs cesse : dès dix ans ils sont astreints au travail, et l'occupant interdit la scolarité ouverte. Pour une jeune fille rêvant d'études supérieures (philosophie, médecine, sciences), l'avenir intellectuel semble muré, dans un espace surpeuplé où s'entassent des centaines de milliers de personnes derrière un mur, livrées au typhus et à une faim organisée.
Mais l'interdit suscite un système éducatif souterrain. D'anciens professeurs organisent des komplety, petits cercles d'étude clandestins réunis dans des appartements, parfois sous couvert de soupes populaires pour enfants. On y enseigne les programmes primaire et secondaire, et pour les plus avancés un niveau universitaire. Étudier devient un acte de résistance morale contre un occupant qui veut réduire les Juifs à la pure force de travail.
L'exemple le plus saisissant est la faculté de médecine clandestine. Dès 1940, les Allemands autorisent des "cours sanitaires de lutte contre les épidémies", justifiés par le typhus ; de mai 1941 à juillet 1942, ces cours couvrent un véritable enseignement médical calqué sur le cursus européen. Mais le prix est écrasant : beaucoup d'élèves étudient le ventre vide, sans carte de rationnement, sous la menace permanente de la rafle et de la déportation, qui frappera massivement le ghetto à l'été 1942.
Privée d'études par l'occupant, cette jeune femme du ghetto doit-elle suivre les cours clandestins, tenter de fuir, ou consacrer ses forces à la survie de sa famille ?
L'enseignement clandestin fut une réalité massive du ghetto de Varsovie : après l'interdiction de la scolarité ouverte à l'automne 1941, des milliers d'enfants et de jeunes gens suivirent les komplety organisés par des enseignants sans emploi, et un enseignement de niveau universitaire exista, notamment la faculté de médecine clandestine déguisée en "cours sanitaires" (1941-1942). Étudier, pour ceux qui en avaient la force malgré la faim et sans carte de rationnement, fut un acte de résistance culturelle. La plupart de ces étudiants et de leurs maîtres furent déportés et assassinés à Treblinka lors de la "grande déportation" de l'été 1942.









