WWII Decisions Online · La concierge parisienne face à la délation sous l'Occupation
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1er octobre 1941
Paris occupé
Europe🇫🇷 FRRésistanceVie civilePolitique

La concierge parisienne face à la délation sous l'Occupation

Madame G., concierge dans un immeuble parisien

Dans le Paris de l'Occupation, la concierge occupe une position singulière, à la charnière de l'intime et de l'autorité. Depuis sa loge, près de l'unique porte, elle voit qui entre et sort, distribue le courrier, connaît les habitudes de chaque locataire. Cette fonction de gardienne du seuil en fait, aux yeux de la police française et de l'occupant (Kommandantur, Feldgendarmerie), un témoin de premier ordre. L'historien a estimé à plusieurs millions le nombre de lettres de délation adressées pendant la guerre à la Gestapo ou à la police.

La délation est activement encouragée : l'occupant promet des récompenses (un aviateur allié valait plusieurs milliers de francs). S'y ajoutent des mobiles plus banals : rancunes de voisinage, antisémitisme, conflits d'argent ou de logement. Les courriers anonymes proviennent plutôt des milieux modestes, des notables signant volontiers leurs dénonciations. Mais cette position de surveillance prédisposait autant à protéger qu'à trahir : beaucoup ont couvert des locataires juifs ou prévenu d'une descente annoncée.

Le dilemme quotidien de la concierge résume celui de millions de Français ordinaires : devant un comportement suspect, fallait-il alimenter la machine répressive, se taire, ou risquer d'avertir ?

Voyant un locataire rentrer dans des circonstances suspectes, la concierge doit-elle le signaler aux autorités, ne rien dire, ou le mettre en garde ?

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