Résistance française : continuer les attentats ou obéir à de Gaulle ?
Le 20 octobre 1941 à Nantes, l'Oberstfeldkommandant Karl Hotz est abattu par 2 militants communistes. Les autorités allemandes annoncent l'exécution de 50 otages pour chaque 48 heures sans livraison des coupables. La liste comprend des résistants et prisonniers politiques emprisonnés depuis des mois.
Depuis Londres, le général de Gaulle diffuse le 23 octobre un appel radio : il reconnaît le courage des patriotes, mais leur demande expressément de cesser les assassinats individuels d'Allemands. Ces actes, dit-il, déclenchent des représailles qui massacrent des Français sans affaiblir l'ennemi ; l'heure de l'insurrection viendra, mais au signal coordonné. Le responsable communiste reçoit ce message. Il a aussi les instructions de Moscou depuis le 22 juin : mener la lutte armée sans délai, pour alléger la pression sur l'Armée rouge.
Il peut suspendre temporairement les actions armées individuelles en réponse à l'appel de De Gaulle, en attendant une coordination ; poursuivre les attentats selon les directives du Parti communiste, quels que soient les appels gaullistes ; ou proposer un compromis interne : poursuivre les sabotages et les actions militaires, en évitant les attentats contre des individus qui entraînent des représailles civiles.
Après l'appel de De Gaulle du 23 octobre contre les attentats individuels, ce responsable communiste doit-il suspendre les actions armées, les poursuivre selon les directives du Parti ou les recentrer sur des cibles exclusivement militaires ?
La direction du PCF maintient la politique des attentats. Entre octobre 1941 et janvier 1942, les Francs-Tireurs et Partisans (FTP) multiplient les actions — voies ferrées, dépôts, officiers allemands. 50 otages sont fusillés à Châteaubriant le 22 octobre, dont , 17 ans ; 16 à Nantes, 5 à Paris. La tension entre gaullistes et communistes sur les méthodes de résistance dure jusqu'en 1943. De Gaulle argumente que les pertes civiles discréditent la Résistance aux yeux des Français ordinaires ; le PCF répond que l'inaction équivaut à la capitulation. Les 2 courants convergent dans le Conseil national de la Résistance en 1943, mais le désaccord de l'automne 1941 illustre un clivage stratégique profond.
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