Tito — l'appel au soulèvement
La Yougoslavie, écrasée et dépecée en avril 1941, est partagée entre l'Allemagne, l'Italie, la Hongrie, la Bulgarie et l'État oustachi de Croatie. La terreur s'y déchaîne — massacres oustachis de Serbes, répression allemande, persécutions. Le Parti communiste yougoslave de , jusque-là tenu par la ligne de neutralité du pacte germano-soviétique, est libéré de ce scrupule par l'invasion de l'URSS le 22 juin.
Tito doit décider du moment et de la forme de la lutte armée. Déclencher une insurrection générale tout de suite, c'est risquer d'être écrasé et de provoquer des représailles massives sur les civils ; attendre, c'est laisser passer l'élan de la colère populaire et abandonner le terrain aux nationalistes serbes (les tchetniks de Mihailović) qui s'organisent aussi.
Le 4 juillet 1941, le Comité central communiste se réunit. Tito doit trancher : appeler au soulèvement général et à la guérilla immédiate ; temporiser et se borner au sabotage et à l'organisation clandestine ; ou subordonner l'action à une entente préalable avec les tchetniks et le gouvernement en exil.
Tito doit-il lancer dès maintenant le soulèvement armé contre l'occupant ?
Tito choisit A. Le 4 juillet 1941, le Parti communiste appelle au soulèvement ; dès le 7 juillet, l'insurrection éclate en Serbie, puis s'étend. Les partisans de Tito, mouvement multiethnique et discipliné, deviendront la plus puissante résistance d'Europe occupée, fixant des dizaines de divisions de l'Axe. Mais le choix de la lutte immédiate provoque aussi de terribles représailles allemandes (cent otages fusillés pour un soldat tué, comme à Kragujevac en octobre) et une guerre civile contre les tchetniks, qui basculeront en partie dans la collaboration anticommuniste. À la Libération, Tito s'imposera comme maître de la Yougoslavie. L'appel de juillet 1941 fonde une résistance hors du commun — au prix d'un déchaînement de violences croisées.









