Rex et les réseaux dispersés
atterrit clandestinement en zone sud porteur d'un mandat signé de la main du général : unifier la Résistance intérieure sous l'autorité de la France Libre. Devant lui se dressent 3 organisations jalouses de leur indépendance — d'Henri Frenay, de d'Astier de La Vigerie, de Jean-Pierre Lévy. Chacune a ses filières, ses imprimeries, ses chefs qui se méfient de Londres autant que de leurs concurrents français. Moulin opère sous le pseudonyme Rex, avec des fonds, des liaisons radio et la légitimité du chef de la France Libre pour seuls leviers.
La tentation existe de laisser chaque mouvement fonctionner en ordre dispersé, se contentant de coordonner au coup par coup les sabotages et les évasions, sans froisser des ego forgés dans la clandestinité. Une autre voie consisterait à pousser vers l'action armée immédiate — maquis, attentats, guérilla — au risque de consumer les hommes avant que l'unification politique soit assurée. Mais Moulin mesure qu'une Résistance fragmentée restera marginale aux yeux des Alliés et ne pèsera rien à la .
Il choisit la patience et le levier matériel : distribuer méthodiquement les fonds et les armes venus de Londres pour rendre les mouvements dépendants d'une coordination centrale sans supprimer leur identité propre. Faut-il fédérer en imposant l'autorité de , accepter la dispersion pour ne pas braquer les chefs, ou sacrifier l'unification à l'urgence des armes ?
Zone sud, janvier 1942, délégué général de la France Libre : comment Jean Moulin peut-il fédérer des mouvements rivaux sans les briser ?
Moulin entreprend l'unification en s'appuyant sur les fonds et les liaisons radio de Londres. Il rapproche progressivement , et , et crée en mai 1943 le Conseil national de la Résistance (), qui place la Résistance intérieure sous l'autorité de . Arrêté par la Gestapo de à le 21 juin 1943, il meurt sous la torture sans avoir parlé. Son œuvre d'unification est décisive pour la légitimité de la France Libre auprès des Alliés.
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T10-038