L'alliance qui ne devait pas se briser
et sont à Washington depuis la mi-décembre pour la conférence , première grande rencontre alliée depuis l'entrée en guerre des États-Unis. a tout accéléré : il faut transformer une coalition de circonstance en un bloc soudé, capable de tenir jusqu'à la victoire finale. Roosevelt a dans l'idée un texte court, signé par toutes les nations en guerre contre l'Axe, par lequel chacune s'engagerait à consacrer l'ensemble de ses ressources militaires et économiques à la lutte et à ne conclure aucune paix ou armistice séparé. Il a même trouvé un nom : « ». Churchill, réveillé en pleine nuit, approuve aussitôt la formule.
Pourtant la décision n'est pas jouée d'avance. Roosevelt pourrait renoncer à un pacte collectif et laisser les États-Unis construire leur réseau d'alliances bilatérales au fil des besoins, sans engager solennellement 26 pays dans un même instrument juridique. Il pourrait aussi juger prématuré tout engagement formel : l'Armée rouge recule encore sur plusieurs fronts, les Japonais progressent en Asie du Sud-Est, et signer une déclaration tonitruante avant toute victoire tangible risquerait de sonner creux.
Roosevelt tranche entre ces trois voies : un pacte multilatéral immédiat et solennel ; la souplesse des accords bilatéraux au cas par cas ; ou l'attente de succès militaires avant de fixer quoi que ce soit sur le papier.
Washington, 1er janvier 1942, président des États-Unis : quelle forme Roosevelt donne-t-il à l'engagement collectif des puissances alliées ?
Le 1er janvier 1942, 26 nations signent la Déclaration des , s'engageant à employer toutes leurs ressources contre l'Axe et à ne conclure aucune paix séparée. Le terme « », forgé par Roosevelt, désigne d'abord la Grande Alliance victorieuse, puis l'organisation internationale fondée en 1945. Cet acte fondateur de l'ordre d'après-guerre interdit tout abandon de la coalition jusqu'à la capitulation totale des puissances de l'Axe.
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