Sosnkowski — KSK, 27 novembre
, 54 ans, est l'un des principaux généraux polonais — vétéran des Légions polonaises de Piłsudski, ministre de la Guerre (1920-1923 et 1927-1928), commandant de l' en septembre 1939. Il s'évade de Pologne par la Hongrie après la défaite, atteint Paris le 1er octobre 1939. Très influent dans l'aile sanationiste de l'émigration polonaise (par opposition à Sikorski, considéré comme proche de l'aile endécienne et démocrate-chrétienne).
Le 8 octobre 1939, Raczkiewicz et Sikorski le nomment ministre de la Guerre du gouvernement polonais en exil (mais sans le commandement effectif des forces). En réalité, Sosnkowski reçoit une mission politique critique : organiser la direction clandestine des forces de résistance en Pologne occupée, sous l'autorité du gouvernement en exil. Cette mission le met en conflit avec Sikorski sur 2 points : doctrine politique (Sosnkowski veut maintenir la légitimité de la Sanacja ; Sikorski veut une démocratisation) ; doctrine militaire (Sosnkowski privilégie une insurrection nationale au moment opportun, modèle 1918 ; Sikorski préfère une résistance prolongée intégrée aux Alliés).
Le 27 novembre 1939, Sikorski signe les statuts du Comité des ministres pour les affaires du pays (KSK) — organe coordonnant l'État clandestin avec le gouvernement en exil. Sosnkowski en prend la tête (Komendant Główny du ZWZ — Union de la Lutte Armée, organisation clandestine fusionnant la SZP).
Paris, octobre 1939, vous êtes le général Sosnkowski, ministre polonais de la Guerre en exil : comment articuler la résistance clandestine et le gouvernement en exil ?
Sosnkowski et Sikorski s'accordent sur B. Le Komendant Główny ZWZ (Sosnkowski) reçoit autorité hiérarchique sur tous les commandants des sous-régions polonaises. L'État clandestin polonais comporte 3 branches : (1) Délégation du gouvernement en Pologne (Delegatura Rządu na Kraj), branche civile incarnée à partir de 1940 par puis Jankowski ; (2) Conseil de l'Unité nationale (Rada Jedności Narodowej), branche parlementaire représentant les partis politiques ; (3) Armée de l'Intérieur ( à partir de février 1942), branche militaire commandée par Rowecki puis Bór-Komorowski. Cette organisation tri-articulée est unique en Europe occupée. Sosnkowski est commandant clandestin nominal de 1939 à 1943, puis devient commandant en chef des Forces armées polonaises après la mort de Sikorski (juillet 1943). Position critique pendant l'Insurrection de Varsovie (août-octobre 1944) : Sosnkowski s'oppose au déclenchement de l'insurrection, considère la situation diplomatique trop incertaine. Démissionné par Mikołajczyk fin septembre 1944 sous pression britannique. Refus de rentrer en Pologne communiste. Émigre au Canada (Pickering, Ontario) où il vit jusqu'à sa mort en 1969. Sa prudence politique sur Varsovie 1944 lui vaut une postérité ambiguë.
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