Sikorski quitte Bordeaux — 18 juin
Le général , Premier ministre du gouvernement polonais en exil et chef de l'armée polonaise reconstituée en France, voit s'effondrer son second pays d'accueil. Après la chute de la Pologne en 1939, il avait installé son gouvernement et ses forces — environ 80 000 hommes — sur le sol français. En juin 1940, cette armée polonaise est de nouveau prise dans la débâcle.
Le 18 juin, alors que Pétain a demandé l'armistice, Sikorski et ses ministres doivent évacuer Bordeaux et la côte atlantique avant l'arrivée des Allemands. La question n'est pas seulement de fuir, mais de sauver l'idée même d'une Pologne combattante, deux fois chassée de son territoire.
Héros de la guerre polono-soviétique de 1920, longtemps écarté par le régime de Piłsudski, Sikorski incarne depuis 1939 la continuité de l'État polonais. Le choix du moyen de transport, dans un port engorgé et bientôt occupé, n'est pas anodin : il s'agit de gagner l'Angleterre sans tomber aux mains de l'ennemi, pour reconstituer une troisième fois les forces polonaises sur le sol britannique.
Comment Sikorski doit-il quitter Bordeaux pour l'Angleterre ?
Sikorski choisit A : il gagne l'Angleterre par voie maritime sous protection britannique et atteint Plymouth autour du 19-20 juin. Il réinstalle le gouvernement polonais à Londres et entreprend de reconstituer, pour la troisième fois, des forces polonaises — qui culmineront à plusieurs centaines de milliers d'hommes (aviateurs de la RAF, marine, , , ), parmi les plus engagées du camp allié. Sikorski meurt le 4 juillet 1943 dans le crash de son avion au décollage de Gibraltar, accident qui nourrit encore des controverses. Son départ de Bordeaux en juin 1940 sauve la continuité de l'État polonais en exil et de son armée.









