René Cassin rejoint Londres — 29 juin
, 52 ans, est professeur de droit international à la Sorbonne, ancien délégué de la France à la Société des Nations et figure du mouvement des anciens combattants — il est lui-même mutilé de la Grande Guerre. Juif, profondément républicain, il refuse l'armistice. Fin juin 1940, il se trouve dans le Sud-Ouest, près de la frontière.
Après avoir entendu de Gaulle à la radio, il décide de gagner Londres. Il s'embarque pour l'Angleterre et arrive le 29 juin. De Gaulle le reçoit aussitôt et lui propose la responsabilité juridique de la France Libre : donner une base légale à un mouvement qui n'est, à ce stade, qu'un général isolé et quelques volontaires.
Pour Cassin, l'enjeu est immense. Accepter, c'est rompre totalement avec Vichy, qui le considérera comme un traître, et engager son nom et sa compétence dans une aventure incertaine. La France Libre a besoin d'un cadre juridique solide pour exister face aux États ; lui seul, ou presque, peut le fournir.
Cassin doit-il accepter sur-le-champ la charge juridique que lui offre de Gaulle ?
Cassin choisit A. Il rédige avec de Gaulle l'accord du 7 août 1940 entre Churchill et de Gaulle, qui donne à la France Libre sa première base juridique reconnue. Devenu l'un des principaux juristes de la France combattante, il sera après la guerre vice-président du Conseil d'État (1944-1960), puis l'un des principaux rédacteurs de la Déclaration universelle des droits de l'homme adoptée en 1948. Il recevra le prix Nobel de la paix en 1968 et entrera au Panthéon en 1987. Son ralliement du 29 juin 1940 illustre la diversité des premiers Français Libres — ici un juriste qui apporte au mouvement naissant ce qui lui manque le plus : la légitimité du droit.









