Le 17 juin 1940, le général , sous-secrétaire d'État dans le gouvernement Reynaud déchu, gagne Londres plutôt que d'accepter l'armistice demandé par Pétain. Officier quasi inconnu du grand public, sans troupes ni mandat, il dispose d'une tribune : la radio britannique, la BBC.
Le dilemme est lourd de conséquences personnelles et nationales. Lancer un appel public à poursuivre la guerre, c'est se dresser contre le gouvernement légal de son pays — un acte que Vichy qualifiera de trahison, passible de mort. Se taire, c'est se résigner à la défaite. Beaucoup d'autres officiers, pourtant hostiles à l'armistice, choisiront le silence ou la discipline.
De Gaulle peut lancer un appel public sur les ondes pour appeler les Français à continuer le combat. Se rallier discrètement à l'effort de guerre britannique sans s'exposer. Ou rentrer en France se soumettre à la hiérarchie et au nouveau pouvoir. De ce choix dépendra l'existence même d'une « France libre » et la possibilité, pour le pays, de figurer dans le camp des vainqueurs.
De Gaulle doit-il lancer un appel public à poursuivre la guerre, se rallier discrètement, ou rentrer se soumettre ?
De Gaulle choisit A : le 18 juin 1940, il lance sur la BBC son appel à poursuivre le combat, affirmant que « la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas ». Entendu sur le moment par très peu de Français, l'appel devient l'acte fondateur de la France libre. Condamné à mort par contumace par Vichy, de Gaulle rassemble peu à peu des ralliements (territoires de l'empire, volontaires, forces navales) et s'impose comme la figure de la France combattante. L'appel du 18 juin fait passer la France du camp des vaincus à celui des futurs vainqueurs — l'un des actes les plus conséquents de l'histoire de France contemporaine.









