L'arsenal de Cherbourg face à Rommel
Juin 1940. L'arsenal de Cherbourg construit trois sous-marins de la classe Roland Morillot. Le navire de tête, le Roland Morillot, est achevé à 76 % et son lancement est prévu pour le 21 juin. Mais la du général Rommel fonce sur le Cotentin et atteint les abords de la ville le 18 juin.
Les coques sont trop incomplètes pour naviguer ou plonger : aucune ne peut appareiller par ses propres moyens. Les remorquer hors du port sous la menace de l'aviation et de l'artillerie allemandes paraît hasardeux, et le temps manque.
Le préfet maritime doit trancher en quelques heures : tenter de sauver ces coques, les abandonner intactes, ou les détruire sur place pour qu'elles ne servent jamais à l'ennemi.
Face à l'arrivée des blindés allemands, que faire des sous-marins inachevés encore sur leurs cales à l'arsenal ?
Le vice-amiral Le Bigot ordonna la destruction des trois sous-marins sur leurs cales avant de rendre la ville. Le 18-19 juin, sur ordre du capitaine de corvette Petitot, une grenade ASM de 35 kg fit chavirer le Roland Morillot sur tribord ; la toiture de la cale s'effondra sur les coques voisines. La Praya et la Martinique furent également sabotés, ainsi que l'outillage de l'arsenal, avant la reddition de Cherbourg à Rommel.









