Gilbert Renault — la route de Londres
, 35 ans, est marchand de tableaux et producteur de cinéma, catholique et monarchiste, proche de l'Action française. En juin 1940, il se trouve avec sa famille à Saint-Jean-de-Luz, près de la frontière espagnole. Il entend l'Appel du 18 juin à la radio britannique et décide aussitôt de rejoindre de Gaulle à Londres.
Mais le chemin n'a rien d'évident. La police de Vichy commence à surveiller les ports du Sud-Ouest ; trouver un bateau, franchir la frontière espagnole, traverser une Espagne franquiste favorable à l'Axe relèvent du parcours d'obstacles. Renault parle espagnol et anglais, ce qui lui ouvre des options.
Trois itinéraires se présentent : un bateau de pêche filant directement vers l'Angleterre, court mais dangereux dans le golfe de Gascogne ; la voie terrestre par l'Espagne et le Portugal, plus longue mais plus sûre ; ou un départ légal vers Casablanca avant un report ultérieur. Le choix engage non seulement sa sécurité, mais celle de sa femme et de sa fille qui l'accompagnent.
Quel itinéraire Renault doit-il prendre pour rejoindre Londres ?
Renault choisit B. Il quitte Saint-Jean-de-Luz le 19 juin avec sa famille, passe en Espagne, gagne Lisbonne, et s'embarque pour l'Angleterre, où il arrive début août 1940. À Londres, il rencontre de Gaulle et le futur chef des services secrets de la France Libre, (« Passy »). Sous le pseudonyme de « colonel Rémy », il fonde et anime à partir de la fin 1940 la Confrérie Notre-Dame, l'un des plus importants réseaux de renseignement de la Résistance, qui fournira à Londres des informations capitales, dont le plan des défenses du mur de l'Atlantique avant le débarquement. Son départ de juin 1940 illustre les chemins improvisés par lesquels se sont constituées les premières filières de la France Libre.









