Henri Frenay à Marseille — août 1940
, 35 ans, capitaine d'active passé par l'École de guerre, a été fait prisonnier en juin 1940 en Alsace, puis s'est évadé d'un Stalag au bout de quelques semaines. Il arrive à Marseille, en zone libre, en août 1940, et se trouve réintégré dans l'« armée de l'armistice » que Vichy est autorisé à conserver (100 000 hommes).
Frenay est arrivé à 2 convictions. D'abord, que Vichy n'est pas un simple repli tactique mais un changement de régime engagé dans la collaboration. Ensuite, qu'aucun mouvement de résistance organisé n'existe encore en zone sud à l'été 1940. Il rédige à Marseille un « manifeste » analysant la situation et appelant à organiser la lutte contre Vichy.
Le choix stratégique qui se pose à lui structurera la résistance naissante : basculer aussitôt dans la clandestinité totale pour bâtir un réseau, rester dans l'armée pour y recruter et s'y dissimuler, ou gagner Londres pour devenir Français Libre. Chaque voie engage une conception différente de la lutte.
Marseille, août 1940, vous êtes le capitaine Frenay, évadé : comment organiser votre combat contre Vichy ?
Frenay reste d'abord dans l'armée de l'armistice, y recrute et s'y dissimule : il y demeure jusqu'au début de 1942, recrutant discrètement les premiers militants de ce qui deviendra le mouvement Combat. En janvier 1942, il entre dans la clandestinité totale et devient l'un des 3 grands chefs de la Résistance en zone sud, avec et ; les 3 mouvements fusionneront dans les MUR. Frenay sera commissaire (ministre) aux Prisonniers, Déportés et Réfugiés du gouvernement provisoire en 1943-1945. Son parcours, depuis le manifeste de Marseille de l'été 1940, illustre la lente et difficile naissance d'une résistance intérieure, d'abord isolée et tâtonnante.
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