Edmond Michelet — tract de Brive 18 juin
, 41 ans, est un militant catholique et démocrate-chrétien établi à Brive-la-Gaillarde, en Corrèze. Père de famille, animateur de l'action sociale chrétienne locale, il écoute la radio britannique depuis le début de juin. Le 17 juin, il entend Pétain demander de « cesser le combat » et en est bouleversé.
Le 18 juin, Michelet décide d'agir, alors même que rien n'est encore organisé. Il tape à la machine une cinquantaine de tracts reprenant des phrases de — « Celui qui ne gueule pas la vérité, quand il sait la vérité, se fait le complice des menteurs et des faussaires » — et appelant au refus de l'armistice. La nuit, il les glisse dans les boîtes aux lettres du centre de Brive.
Ce geste isolé, accompli au moment même où de Gaulle lance son Appel à Londres, est l'un des tout premiers actes de résistance civile sur le sol métropolitain. La question pour Michelet est de savoir comment poursuivre : seul et discret, en bâtissant un réseau, ou en se mettant à l'abri le temps que la situation se clarifie.
Après son premier tract, comment Michelet doit-il poursuivre ?
Michelet choisit A, puis B progressivement. Il poursuit les tracts à Brive et tisse peu à peu des liens qui le mèneront à cofonder, avec , le mouvement Combat en zone sud. Arrêté à Lyon en février 1943, il est déporté à Dachau, dont il revient. Compagnon de la Libération, il sera plusieurs fois ministre sous la IVe et la Ve République, notamment garde des Sceaux en 1959. Son tract du 18 juin 1940 à Brive est souvent présenté comme le premier appel écrit à la résistance diffusé en France métropolitaine, antérieur de quelques heures à la reprise de l'Appel de De Gaulle dans la presse.









