Narvik — la sortie alliée
Pendant que Dynamo se déroule en Manche, un paradoxe se dessine dans l’Arctique norvégien : les Alliés gagnent à Narvik. Le 28 mai 1940, après sept semaines de combats, le Corps expéditionnaire allié sous le général — composé des chasseurs alpins français, de la polonaise, des Britanniques et de la Fleischer — prend Narvik. Dietl se replie dans les montagnes vers la Suède neutre, encerclé.
C’est la première victoire alliée d’ampleur de la guerre. Théoriquement, Narvik permettrait de couper le minerai suédois et de menacer la position allemande au nord. Mais simultanément, le front français s’effondre. Le 28 mai, Léopold III capitule. Le 4 juin, Dynamo se termine. Le 5 juin, Hitler lance Fall Rot — assaut final contre la France. La situation des Alliés en Norvège devient stratégiquement intenable : sans la France, la défense de la Norvège n’a plus de sens.
Le War Cabinet britannique doit décider en quelques jours du sort de la victoire alliée la plus récente.
Le War Cabinet doit-il maintenir Narvik ou évacuer ?
Le War Cabinet ordonne C le 2 juin 1940. Du 4 au 8 juin 1940, évacuation alliée de Narvik : 25 000 soldats embarqués (Britanniques, Polonais, Français, Norvégiens), équipement abandonné, installations portuaires sabotées (incendies à la dynamite). Le roi et le gouvernement Nygaardsvold embarquent à Tromsø le 7 juin sur le HMS Devonshire. Arrivée à Londres le 10 juin. Pendant l’évacuation, le 8 juin 1940 à 16h00, les croiseurs de bataille allemands Scharnhorst et Gneisenau (sortis de Kiel le 4 juin) tombent sur le porte-avions HMS Glorious en escorte. Bataille à courte distance ; le Glorious est coulé en 90 minutes — 1 519 morts britanniques, dont l’équipage de pilotes et deux escadrilles entières de chasseurs (RAF 263 et 46 Squadron). C’est la plus grande perte navale britannique de la guerre jusque-là, et elle restera la plus grande perte unique de la Royal Navy au cours du conflit. Bilan de la campagne de Norvège (9 avril - 10 juin 1940) : Alliés vaincus stratégiquement, mais avec un prélèvement sur la Kriegsmarine (10 destroyers, 3 croiseurs, 1 cuirassé endommagé) qui restera irrécupérable. La Norvège reste occupée pour cinq ans. Dietl devient une figure de l’imaginaire nazi. Béthouart reprend le combat en France (juin 1940) puis en Afrique du Nord (1942).









