Narvik — un amiral trop ancien
L’Admiral of the Fleet Lord Cork and Orrery, vétéran rappelé au service actif par , commande fin avril 1940 les forces alliées chargées de reprendre Narvik, port du grand nord norvégien. Narvik est l’enjeu central : c’est par lui que transite, l’hiver, le minerai de fer suédois de Gällivare dont l’industrie de guerre allemande dépend. Le général allemand y tient la place avec ses chasseurs de montagne et des marins rescapés des destroyers coulés dans le fjord.
Dans le secteur, les Alliés disposent d’atouts : maîtrise navale presque totale, hors de portée de l’essentiel de l’aviation allemande, et appui de la , la seule pleinement mobilisée. Mais le commandement est mal agencé. Lord Cork a de l’ancienneté sur l’amiral commandant la Home Fleet et sur les chefs terrestres, ce qui paralyse la coordination : ses pairs hésitent à imposer leurs vues face à un officier plus ancien. Churchill et l’état-major n’ont pas clarifié la chaîne de commandement.
Le 27 avril 1940, Lord Cork veut forcer la décision. Il doit choisir comment briser la résistance de Dietl, alors que le froid, la neige et l’absence d’unité de commandement compliquent tout.
Bombarderez-vous Narvik pour forcer la reddition, ou attendrez-vous un vrai commandement coordonné terre-mer ?
Lord Cork tente A. Le 27 avril 1940, il fait bombarder Narvik par le cuirassé Warspite, un croiseur lourd et trois croiseurs légers, espérant que la garnison de Dietl se rende sous le feu. L’opération échoue : les Allemands, retranchés dans la neige et les hauteurs, tiennent bon. Le problème d’ancienneté et l’absence de commandement unifié continuent de gripper les opérations alliées dans le secteur. Narvik finira par être reprise par les Alliés à la fin mai 1940 — première grande ville reconquise sur l’Axe — mais sera aussitôt réévacuée, l’effondrement français rendant le théâtre norvégien secondaire. L’épisode est resté l’exemple type des ravages d’une chaîne de commandement mal définie, où le grade prime sur l’efficacité.









