Oslo — comment gouverner la Norvège occupée
doit, fin avril 1940, fixer la forme du pouvoir dans la Norvège occupée. La question s’est posée dès le premier jour de l’invasion. Le 9 avril, , chef du minuscule parti Nasjonal Samling — qui n’a jamais dépassé 3 % des voix ni fait élire un seul député —, a proclamé de sa propre initiative un gouvernement à la radio, avec l’aval verbal de Berlin.
Mais le coup de Quisling a tourné court. Le roi et le gouvernement légitime ont refusé de le reconnaître, et le souverain a préféré l’exil intérieur à toute caution donnée à Quisling. Privé de tout soutien populaire, Quisling est devenu inutile, voire encombrant : le ministère allemand des Affaires étrangères ne l’a jamais souhaité. Le 15 avril, le pouvoir a été transféré à un Conseil administratif de sept hommes, mis en place par des membres de la Cour suprême norvégienne et présidé par , que Berlin espère voir coopérer avec le roi.
Hitler doit désormais arrêter la structure durable de l’occupation. Trois voies s’offrent : confirmer Quisling malgré son échec, s’appuyer sur le Conseil administratif norvégien, ou imposer un homme à lui. Le sort politique de la Norvège se joue à Oslo.
Confirmerez-vous Quisling, laisserez-vous gouverner un conseil norvégien, ou imposerez-vous un commissaire allemand ?
Hitler tranche pour C. Le 24 avril 1940, il nomme , haut responsable du parti nazi, Reichskommissar de Norvège, lui donnant le contrôle effectif du pays — même si, dans les premiers temps, le Conseil administratif continue d’expédier les affaires courantes et si les forces armées restent sous le général Falkenhorst. Terboven gouvernera la Norvège d’une main de fer jusqu’à la fin de la guerre. Quisling, écarté en avril, sera finalement réinstallé comme ministre-président sous tutelle allemande en 1942 ; jugé après la guerre, il sera fusillé en 1945, et son nom est passé dans la langue comme synonyme de traître. Le choix d’un commissaire du Reich plutôt que d’une administration indigène a marqué le durcissement du modèle d’occupation allemand en Europe de l’Ouest.









