Weserübung — directive du 1er mars
L’opération Weserübung — invasion du Danemark et de la Norvège — est préparée depuis décembre 1939 sur instigation de l’amiral (chef de la Kriegsmarine) et de (qui a reçu à Berlin). Il s’agit à la fois de sécuriser le minerai de fer suédois (le port de Narvik fournit 40 % de l’acier allemand), de prévenir une intervention alliée préventive (le plan Hankey-Weygand existe à Londres et Paris) et d’étendre les bases navales de la Kriegsmarine pour la bataille de l’Atlantique.
L’incident Altmark de février 1940 — un navire allemand intercepté dans les eaux norvégiennes par la Royal Navy — a démontré l’incapacité de la Norvège à faire respecter sa neutralité. Hitler signe le 1er mars 1940 la Directive Weserübung. Date de déclenchement prévue : 9 avril 1940, pour devancer une intervention alliée projetée pour le 5 avril. Le commandement en revient au général d’infanterie , qui disposera de 6 divisions d’infanterie et de 2 divisions de montagne, escortées par 9 destroyers et 7 croiseurs, le tout appuyé par une Luftwaffe forte d’un millier d’appareils.
L’opération combine assaut amphibie (Trondheim, Bergen, Stavanger), parachutages (Oslo, Stavanger Sola) et avance terrestre depuis la frontière allemande au Danemark. C’est la première grande opération interarmes maritime-aéroportée de la guerre. Hitler doit arbitrer entre Weserübung et Fall Gelb (l’offensive à l’Ouest), tous deux dans la même fenêtre temporelle.
Comment Hitler arbitre-t-il entre Weserübung et Fall Gelb ?
Hitler choisit A. Weserübung est lancée le 9 avril, Fall Gelb un mois plus tard, le 10 mai. La coordination opérationnelle passe par , chef des opérations de l’OKW. La séquence se révèle stratégiquement efficace : Weserübung absorbe l’attention de la Royal Navy au nord et force les Alliés à engager des forces en Norvège (avril-juin 1940), pendant que Fall Gelb fonce à l’Ouest sans interruption. Le résultat de Weserübung est éloquent : le Danemark capitule en six heures, et la Norvège tombe en 62 jours. Mais l’opération paie un prix lourd : la Norvège exigera 12 divisions allemandes en garnison pour le reste de la guerre, et la Kriegsmarine perd 10 destroyers et 3 croiseurs à Narvik en avril-juin 1940 — pertes qu’elle ne récupérera jamais. Falkenhorst reste commandant en chef en Norvège jusqu’en 1944. Jugé après-guerre par les Britanniques, condamné à mort en 1946, peine commuée à 20 ans, libéré en 1953. Meurt en 1968.









