Au début de juin 1940, la défaite française est consommée. , qui a maintenu l'Italie hors du conflit depuis septembre 1939 (« non-belligérance »), voit l'occasion de cueillir les fruits de la victoire allemande à moindre coût. L'armée italienne est pourtant mal préparée à une guerre majeure, comme ses propres chefs militaires l'avertissent.
Le calcul est cynique : entrer en guerre maintenant, alors que la France agonise, permettrait de revendiquer Nice, la Savoie, la Corse, Djibouti, des gains coloniaux — et de s'asseoir à la table des vainqueurs aux côtés de Hitler. Mais l'impréparation militaire risque de transformer l'aubaine en humiliation.
Mussolini peut déclarer la guerre immédiatement pour participer à la curée et engranger des gains territoriaux. Rester non-belligérant jusqu'à ce que l'armée soit prête, en négociant peut-être des compensations. Ou se contenter d'un soutien diplomatique à l'Allemagne sans engager ses forces. Il sait que la fenêtre d'opportunité est étroite : si la France capitule avant qu'il agisse, il aura tout manqué.
Mussolini doit-il déclarer la guerre maintenant, rester non-belligérant, ou se borner à un soutien diplomatique ?
Mussolini choisit A : le 10 juin 1940, l'Italie déclare la guerre à la France et au Royaume-Uni, et attaque dans les Alpes le 20 juin. Mais l'offensive italienne, mal préparée, se heurte à une armée des Alpes française très inférieure en nombre qui tient ses positions : les gains sont dérisoires et l'opération tourne à l'humiliation militaire. Roosevelt dénonce le « coup de poignard dans le dos ». L'entrée en guerre, motivée par l'appât du butin, engage durablement l'Italie dans un conflit pour lequel elle n'est pas prête, et qui se révélera désastreux pour le régime fasciste.









