Rethondes — l'article 8 sur la flotte
La délégation française d'armistice, conduite par le général et comprenant l'ambassadeur , le vice-amiral Le Luc et le général Bergeret, arrive le 21 juin dans la clairière de Rethondes, où Hitler a fait replacer le wagon de l'armistice de 1918. Le texte allemand est présenté comme non négociable ; seules quelques clarifications peuvent être obtenues.
Le point le plus sensible est l'article 8, relatif à la flotte. La version allemande prévoit que les navires français soient « rassemblés dans des ports à déterminer et désarmés ». L'ambiguïté est lourde : si « les ports à déterminer » signifie des ports allemands, la flotte risque de passer sous contrôle ennemi, ce que Londres redoute par-dessus tout et ce que Darlan a juré d'empêcher.
La délégation, prise entre l'urgence de conclure et la nécessité de protéger la flotte, doit décider sur quel point porter ses efforts auprès de Keitel : exiger une garantie explicite de ports français, accepter la formule floue pour obtenir l'armistice au plus vite, ou tenter une voie intermédiaire.
21 juin 1940, à Rethondes, vous menez la délégation française d'armistice : comment protéger la flotte dans la négociation ?
La délégation exige que la flotte reste dans des ports français et refuse tout regroupement en Allemagne. Huntziger obtient le 22 juin une rédaction précisant que la flotte serait désarmée et contrôlée dans des ports français ; Hitler y consent, soucieux que les navires ne rallient pas les Britanniques. Mais la garantie reste fragile et la méfiance de Londres n'est pas levée : la formule, même amendée, ne convainc pas Churchill, qui craint un retournement allemand ultérieur. C'est cette défiance qui débouchera, 11 jours plus tard, sur l'attaque de Mers-el-Kébir. L'article 8, négocié dans le wagon de Foch, illustre comment une clause technique sur le sort d'une flotte intacte a pesé sur la rupture entre 2 alliés de la veille.
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