Mussolini sur la Riviera — 21 juin
11 jours après l'entrée en guerre, doit fixer les conditions de l'armistice que l'Italie imposera à la France. L'offensive lancée le 20 juin dans les Alpes-Maritimes tourne au fiasco : l'armée d'Olry tient ses positions, et les troupes italiennes ne progressent quasiment pas malgré une écrasante supériorité numérique, dans la neige et le froid des hautes vallées.
Le Duce avait rêvé d'un grand butin : Nice, la Savoie, la Corse, la Tunisie, Djibouti. Mais 2 contraintes le brident. Son gendre Ciano plaide pour la modération, afin de ne pas pousser la flotte et l'Empire français dans les bras des Britanniques. Surtout, Hitler lui a fait savoir qu'il ne fallait pas trop exiger : le Reich veut ménager le futur gouvernement de Vichy pour en faire un partenaire docile. Hitler, qui vient de signer son propre armistice avec la France, entend garder la maîtrise du règlement et ne pas laisser son allié compromettre ses calculs.
Mussolini doit arbitrer entre l'affichage maximaliste qui satisferait sa propagande et une ligne plus mesurée — entre ses ambitions de butin, l'échec de l'offensive alpine et la position de Berlin.
Rome, 21 juin 1940, vous êtes Mussolini : quelles conditions imposer à la France vaincue ?
Mussolini se contente de gains symboliques — l'occupation de Menton et une zone démilitarisée —, s'alignant sur Hitler. L'armistice franco-italien, signé le 24 juin à la Villa Incisa près de Rome, ne donne à l'Italie qu'une mince zone occupée autour de Menton et une bande démilitarisée de 50 km le long de la frontière. Pas d'annexion en France métropolitaine, ni Tunisie, ni Corse, ni Djibouti. Pour le Duce, c'est une humiliation masquée : militairement repoussé dans les Alpes, il n'obtient presque rien d'une victoire à laquelle il a si peu contribué. Ce déséquilibre entre les ambitions affichées et les maigres gains réels annonce les difficultés italiennes des années suivantes, en Grèce puis en Afrique.
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