L'arrière-garde française à Dunkerque
Dans les derniers jours de l'opération Dynamo, l'évacuation se poursuit, mais l'étau allemand se resserre autour de Dunkerque. Pour permettre le rembarquement des dernières troupes, il faut continuer à tenir le périmètre défensif de la poche, qui rétrécit d'heure en heure sous la pression de la Wehrmacht.
Les soldats français encore présents font face à un choix amer. Maintenir le front coûte que coûte couvre l'embarquement des autres, mais réduit leurs propres chances d'être rembarqués à temps. Chercher à s'embarquer au plus vite, c'est risquer d'ouvrir une brèche et de compromettre toute l'opération. La solidarité interalliée, déjà tendue par les semaines de déroute, est mise à l'épreuve.
Le commandement français peut ordonner de tenir le périmètre jusqu'au bout, au prix probable de la captivité. De se replier vers les plages pour tenter d'être évacué. Ou de négocier une reddition pour épargner les hommes une fois l'évacuation des autres achevée. Le sort de dizaines de milliers d'hommes se joue dans cette arrière-garde.
L'arrière-garde française doit-elle tenir le périmètre jusqu'au bout, se replier vers les plages, ou négocier sa reddition ?
Les troupes françaises assurent largement A : elles tiennent le périmètre de Dunkerque dans les derniers jours, couvrant le rembarquement — y compris celui de nombreux Britanniques, dont le gros était déjà parti. Au total, l'opération Dynamo évacue environ 338 000 hommes, dont une part importante de Français dans les dernières rotations (1er-4 juin). Mais quelque 35 000 à 40 000 soldats français de l'arrière-garde, faute de navires et de temps, sont capturés à la chute de Dunkerque le 4 juin. Leur sacrifice, longtemps minoré dans le récit britannique de Dunkerque, fut essentiel à la réussite de l'évacuation. Il nourrira aussi un ressentiment français durable sur la priorité donnée aux troupes britanniques.









