Saint-Exupéry — vol du Groupe 2/33
, 40 ans, déjà écrivain célèbre (Vol de nuit, prix Femina 1931), est pilote de reconnaissance au , sur Bloch MB 174. Il vole seul, à 8 000 mètres, pour photographier les positions allemandes — un avion isolé que les Bf 109 peuvent abattre en une trentaine de secondes.
Le groupe 2/33 a été saigné par la campagne : sur 23 équipages, 17 sont déjà perdus. Saint-Exupéry est marié, connu, plus âgé que ses camarades ; son observateur, , est jeune et célibataire. La question de qui prend les risques se pose à chaque mission.
Après la percée allemande de mai et le repli sur l'Aisne, les missions de reconnaissance se multiplient pour suivre l'avance ennemie. Le commandant Alias propose 2 options : une mission à basse altitude au-dessus d'Arras, presque suicidaire mais essentielle, ou une mission à haute altitude vers l'Aisne, plus sûre mais moins critique.
Le 1er juin, Saint-Exupéry doit choisir entre la mission qui sert le plus l'état-major et celle qui lui laisse une chance de revenir.
Athies-sous-Laon, juin 1940, vous êtes Saint-Exupéry, pilote de reconnaissance : quelle mission accepter quand la plus utile est la plus mortelle ?
Saint-Exupéry accepta la mission d'Arras — basse altitude, presque sans retour, mais indispensable : il vole sur Arras, et y retourne plusieurs fois entre le 22 mai et le 7 juin. Il en revient. De cette expérience il tirera Pilote de guerre (Reynal & Hitchcock, New York, 1942), récit du vol d'Arras devenu méditation sur la défaite et la responsabilité ; le livre sera interdit par Vichy puis par les Allemands fin 1942. Il rejoint l'armée d'Afrique du Nord en 1943 et obtient, malgré son âge, de revoler en reconnaissance. Il disparaît le 31 juillet 1944 au large de Marseille (l'épave de son P-38 Lightning sera identifiée au large de l'île de Riou en 2000). Le groupe 2/33, lui, perdra encore plusieurs équipages avant l'armistice.
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