Beauffrère et le 21e RIC à Dunkerque
Le — environ 800 tirailleurs sénégalais et 200 cadres français — commandé par le lieutenant-colonel , fait partie des dernières unités à tenir le périmètre défensif de Dunkerque du 1er au 4 juin 1940. Sa mission : retenir la Wehrmacht le temps que les derniers évacués passent par les môles, dans le cadre final de l'opération Dynamo.
Les combats sont acharnés autour de Bray-Dunes, Zuydcoote et du fort des Dunes. Le 4 juin avant l'aube, l'ordre d'évacuer les derniers hommes parvient à Beauffrère. Mais les tirailleurs sénégalais ne sont pas embarqués en priorité par les navires britanniques, qui font passer d'abord leurs propres troupes puis les cadres.
Beauffrère sait que la captivité menace ceux qui resteront à terre, et il connaît la brutalité avec laquelle la Wehrmacht traite les troupes coloniales. À cet instant, il doit choisir entre embarquer avec les cadres et préserver son commandement pour la suite, ou demeurer avec ses tirailleurs sénégalais et partager leur sort.
Beauffrère doit-il monter à bord avec les cadres français, ou rester avec ses tirailleurs sénégalais ?
Beauffrère choisit B : il reste avec ses tirailleurs et passe cinq ans en captivité (Oflag IV-D). La crainte se vérifie : dans les jours qui suivent, la Wehrmacht massacre des centaines de prisonniers africains au nom de la hiérarchie raciale nazie. Dans le secteur de Dunkerque comme ailleurs en juin 1940, des prisonniers africains sont exécutés par des unités allemandes — racisme systématique visant les troupes coloniales. Le cas le plus documenté est le massacre de Chasselay (19-20 juin 1940, près de Lyon), où des dizaines de tirailleurs prisonniers sont abattus par la ; un mémorial, le Tata sénégalais, leur est dédié. Le total des tirailleurs tués hors combat en mai-juin 1940 est estimé entre 1 000 et 3 000 selon les historiens. Beauffrère survit à la captivité, témoigne après-guerre et meurt en 1968.









