Mitralexis — à court de munitions
L'invasion italienne déclenchée, la petite aviation royale hellénique affronte une Regia Aeronautica bien plus nombreuse et moderne. Les pilotes grecs volent sur des appareils dépassés, comme le PZL P.24 polonais, mais multiplient les sorties pour défendre les villes et les colonnes au sol. Face à eux, les bombardiers italiens visent les agglomérations et l'arrière du front grec, espérant briser le moral d'un adversaire jugé inférieur.
Le 2 novembre 1940, le sous-lieutenant intercepte au-dessus de la région de Thessalonique une formation de bombardiers italiens venus frapper la ville. Dans le combat, il vide ses munitions sans avoir abattu son adversaire — un bombardier qui poursuit sa route vers l'objectif. Le PZL P.24, robuste mais dépassé, n'emporte qu'un armement léger dont les munitions s'épuisent vite dans un engagement prolongé.
Le pilote se trouve devant un choix d'instant : rompre le combat et rentrer, puisqu'il n'a plus de quoi tirer ; continuer à harceler l'ennemi par sa seule présence pour gêner son tir ; ou tenter quelque chose de plus radical avec son appareil lui-même. La décision engage sa propre survie autant que la protection de la ville.
Sans munitions face au bombardier italien, que doit faire Mitralexis ?
Mitralexis tente C : il précipite son chasseur sur le bombardier et le percute, sectionnant l'empennage de l'appareil italien avec son hélice. Le bombardier s'écrase ; lui parvient à poser son avion endommagé. Selon le récit devenu légendaire, il aurait ensuite rejoint au sol le lieu du crash et capturé une partie de l'équipage survivant. L'exploit, l'un des premiers « éperonnages » aériens documentés de la guerre, fait de Mitralexis un héros national grec et un symbole de la résistance de l'automne 1940. Au-delà de l'anecdote, il illustre l'esprit de la petite aviation grecque, qui compensa son infériorité matérielle par une combativité acharnée. Mitralexis survit à la guerre.









