Écarter les vainqueurs — Air Ministry, novembre 1940
L'Air Chief Marshal et le commandant du , , viennent de remporter la bataille d'Angleterre. Mais à l'Air Ministry de Londres, leurs méthodes sont désormais contestées par leurs propres pairs.
L'opposition est menée par , chef du , et l'Air Marshal , partisans de la tactique de la Big Wing — masser plusieurs escadrilles avant l'interception, à rebours de la riposte fractionnée et rapide pratiquée par Park. Une réunion à l'Air Ministry, le 17 octobre 1940, présidée par , tourne au procès des méthodes de Park.
S'y ajoute la querelle de l'interception de nuit, alors que le Blitz s'intensifie. Dowding travaille à un guidage par radar et instruments, idée approuvée par Churchill mais jugée chimérique par et par . Quand Dowding reçoit le rapport en 18 points de la commission Salmond — créée par , ministre de la Production aéronautique —, il en raye neuf et marque cinq autres d'un point d'interrogation, sur un ton qui irrite ses supérieurs.
Dowding se croit inamovible depuis le soutien public de Churchill durant l'été. Reste à savoir ce que le sommet de l'Air Ministry décidera du sort des deux artisans de la victoire.
Au sommet de l'Air Ministry, que fait-on des deux artisans de la victoire ?
L'Air Ministry choisit B. Convoqués devant ce que Beaverbrook appellera une bande de « bloody Air Marshals », Dowding et Park sont écartés. Dowding quitte le Fighter Command le 24 novembre 1940, remplacé par ; Park est relevé du début décembre — son successeur étant Leigh-Mallory — et muté au Training Command, officiellement pour « se reposer ». L'ironie est cruelle : le 19 novembre, le pilote abat un Junkers Ju 88 au radar aéroporté, validant précisément l'idée de Dowding sur l'interception de nuit. Trop tard. Les deux hommes les plus responsables de la survie de la Grande-Bretagne sont congédiés au moment de leur triomphe ; leur réhabilitation viendra des décennies plus tard.









