Davakis dans le Pinde
Quand l'Italie envahit la Grèce le 28 octobre 1940, l'effort principal italien passe par les montagnes de l'Épire et du Pinde, où la division alpine Julia — des troupes d'élite — doit percer vers Metsovo pour couper l'armée grecque en deux. Face à cette poussée, le colonel ne dispose que d'un détachement du Pinde très réduit : quelques milliers d'hommes pour couvrir un large secteur montagneux.
Le commandant en chef grec, Papagos, n'avait délibérément pas massé ses forces sur la frontière, pour ne pas les exposer ; il faut donc gagner du temps en attendant la mobilisation et l'arrivée des renforts. Le terrain est rude — torrents en crue, pistes effondrées, neige précoce — mais il favorise le défenseur qui le connaît.
Davakis doit décider de sa tactique face à un adversaire bien supérieur en nombre et en matériel : tenir une ligne fixe au risque d'être enfoncé et débordé, se replier pour préserver son détachement, ou mener une défense mobile et agressive dans les cols pour ralentir la Julia le temps que l'armée grecque se déploie.
Comment Davakis doit-il contenir la poussée italienne dans le Pinde ?
Davakis choisit C : il harcèle la dans les cols, lance des contre-attaques locales et bloque l'avance italienne dans les premiers jours décisifs, le temps que les renforts grecs montent en ligne. La Julia est bientôt encerclée et étrillée autour des gorges du Pinde ; début novembre, les Grecs reprennent l'initiative et font des milliers de prisonniers. Grièvement blessé lors d'une reconnaissance, Davakis devient un héros national. Son action illustre la résistance grecque de l'automne 1940, qui transforme une invasion annoncée comme une promenade en déroute italienne, repoussée jusqu'en Albanie. Capturé plus tard par les Italiens, Davakis mourra en 1943 dans le naufrage d'un navire de transport de prisonniers.









