Metaxas et l'ultimatum — Athènes 3h
, militaire et dictateur de la Grèce depuis 1936, dirige un régime autoritaire mais résolument attaché à l'indépendance nationale. Au cours de l'année 1940, l'Italie multiplie les provocations en Méditerranée orientale — dont le torpillage du croiseur grec Elli en août. Mussolini, jaloux des succès allemands et désireux d'un coup d'éclat dans les Balkans, prépare une invasion depuis l'Albanie qu'il occupe.
Dans la nuit du 27 au 28 octobre 1940, vers 3 heures du matin, l'ambassadeur d'Italie se présente au domicile de Metaxas et lui remet un ultimatum : laisser les troupes italiennes occuper des points stratégiques du territoire grec, faute de quoi ce sera la guerre. Le délai est dérisoire — quelques heures — et les Italiens franchissent déjà la frontière.
Metaxas, en robe de chambre, sait que la Grèce est plus faible et que son régime entretenait des liens avec l'Italie fasciste. Céder éviterait peut-être la guerre ; refuser, c'est s'engager seul contre une grande puissance de l'Axe. Il doit répondre sur-le-champ.
Metaxas doit-il accepter l'ultimatum italien ou le rejeter ?
Metaxas répond B. Selon la tradition, il aurait lancé un « Όχι » (« Non ») ; en réalité, il déclare en français à Grazzi : « Alors, c'est la guerre. » Le refus, relayé par la radio, soulève un élan national : la date du 28 octobre est célébrée depuis comme le « jour du Non » (Ohi), fête nationale grecque. Contre toute attente, l'armée grecque, mobilisée et combative, arrête l'offensive italienne dans les montagnes de l'Épire, puis la repousse en Albanie au cours de l'automne — première vraie défaite terrestre infligée à l'Axe. La résistance grecque obligera l'Allemagne à intervenir au printemps 1941 pour secourir son allié, retardant d'autant ses plans à l'Est. Metaxas, lui, meurt en janvier 1941, avant l'invasion allemande.









