Après la capitulation, une partie des soldats belges — notamment ceux qui n'ont pas été emmenés en captivité, ou qui sont rapidement libérés (surtout des Flamands, dans le cadre de la Flamenpolitik) — rentrent chez eux. Démobilisé, vous retrouvez un pays occupé, une famille éprouvée par l'exode, une vie à reconstruire sous la botte allemande.
Le retour pose la question de l'attitude à adopter. Reprendre une vie normale — travail, famille — en composant avec l'occupation, par lassitude et nécessité. Refuser l'occupation et chercher à rejoindre les forces qui continuent la lutte (gagner l'Angleterre via la France et l'Espagne pour vous engager dans les Forces belges libres). Ou rester dans l'expectative, ni collaboration ni résistance, en attendant de voir comment tourne la guerre.
L'épuisement, le sentiment d'humiliation de la défaite, l'incertitude sur l'avenir pèsent lourd. Faut-il tourner la page et survivre, ou refuser la fatalité et repartir au combat, au prix d'un nouvel exil dangereux ? Beaucoup d'anciens combattants de 1940 affrontent ce choix dans le silence de l'été occupé.
Notre soldat démobilisé doit-il reprendre une vie normale, chercher à rejoindre les forces libres, ou rester dans l'expectative ?
L'immense majorité opte pour A ou C : épuisés, soucieux de leurs familles et sans perspective claire, la plupart des démobilisés reprennent une vie civile sous l'occupation. Une minorité déterminée choisit B : quelques milliers de Belges rejoindront, par des filières d'évasion dangereuses, les Forces belges libres en Grande-Bretagne (la future , des pilotes de la RAF, des marins). Les Flamands libérés tôt grâce à la Flamenpolitik, les Wallons restés prisonniers : le retour, ou son absence, dépendait aussi de cette politique de division. Le destin de chacun s'est joué dans ces choix de l'été 1940, entre survie, attente et engagement.









