Reconstruire ou attendre
De retour de l'exode, des dizaines de milliers de familles belges retrouvent leur logement endommagé ou détruit par les combats et les bombardements de mai 1940 — des dizaines de milliers d'immeubles sont touchés dans le pays. Sous l'occupation, et dans la pénurie générale, il faut décider quoi faire de ces ruines.
Pour vous, les options sont rudes. Reconstruire ou réparer au plus vite, avec les moyens du bord et les rares matériaux disponibles, pour retrouver un toit avant l'hiver. Attendre d'hypothétiques indemnités ou une aide publique, en vous logeant provisoirement ailleurs. Ou quitter la localité dévastée pour vous installer là où subsistent du travail et des logements.
La pénurie de matériaux, le manque d'argent, l'incertitude sur les indemnités et la présence de l'occupant compliquent tout. Faut-il rebâtir soi-même, patienter, ou partir ? La reconstruction, dans un pays occupé et appauvri, devient l'une des épreuves concrètes de l'après-débâcle pour les sinistrés.
Notre famille sinistrée doit-elle reconstruire au plus vite, attendre une aide, ou quitter la localité dévastée ?
Faute de moyens et devant l'urgence d'un toit avant l'hiver, beaucoup pratiquent A (réparations de fortune) tout en espérant B. L'administration belge sous occupation met en place des dispositifs d'aide aux sinistrés et d'indemnisation des dommages de guerre, mais la pénurie de matériaux, la priorité donnée aux besoins de l'occupant et la faiblesse des moyens ralentissent considérablement la reconstruction. Pour les familles, l'été 1940 est celui des réparations précaires, de la débrouille et de l'attente. La reconstruction des localités détruites en mai 1940 s'étalera sur des années, parfois bien au-delà de la guerre. Elle illustre le poids matériel durable de la débâcle sur la vie quotidienne des civils.









