Le Congo belge dans la guerre
Après la capitulation de la Belgique et la captivité du roi, l'immense Congo belge — colonie riche en ressources stratégiques (cuivre, étain, caoutchouc, et surtout l'uranium du Katanga) — se trouve devant une question décisive. Le gouvernement belge légal s'est réfugié à Londres pour poursuivre la guerre ; le roi, lui, est prisonnier au pays. Quelle ligne suivre ?
Le gouverneur général doit trancher. Engager le Congo aux côtés des Alliés, sous l'autorité du gouvernement de Londres, en mettant ses ressources et sa au service de l'effort de guerre. Rester neutre ou attentiste, en attendant la clarification de la situation politique belge. Ou chercher un accommodement avec l'occupant, comme certains le préconisent en métropole.
L'enjeu est majeur : la colonie représente une base, des ressources et des troupes considérables. Un Congo rallié à la cause alliée donnerait à la Belgique libre un poids réel dans la guerre ; un Congo neutralisé ou passé sous influence ennemie priverait les Alliés d'atouts précieux — dont, bientôt, un uranium au destin historique.
Ryckmans doit-il engager le Congo aux côtés des Alliés, rester attentiste, ou chercher un accommodement avec l'occupant ?
Ryckmans choisit clairement A : dès 1940, il maintient le Congo belge dans la guerre aux côtés des Alliés, sous l'autorité du gouvernement belge de Londres. La colonie devient une source majeure de ressources stratégiques pour l'effort de guerre allié et un soutien financier décisif au gouvernement en exil ; sa combattra en Afrique de l'Est contre les Italiens. Le Congo fournira aussi le caoutchouc, le cuivre, et l'uranium du Katanga — celui-là même qui alimentera plus tard le projet Manhattan. L'engagement du Congo, contrastant avec la situation incertaine de la métropole occupée, assure à la Belgique une présence réelle dans le camp allié et pèsera dans la reconnaissance internationale du gouvernement de Londres.









