À la rentrée de septembre 1940, la vie tente de reprendre son cours sous l'occupation. Les écoles doivent rouvrir, et l'occupant, soucieux de normaliser la situation et d'influencer la jeunesse, y porte attention : programmes, manuels, contenu des cours peuvent devenir des enjeux de propagande, notamment en lien avec la Flamenpolitik.
Pour vous, reprendre la classe pose des questions concrètes. Enseigner normalement, en maintenant autant que possible les programmes d'avant-guerre et un esprit patriotique discret, pour préserver la jeunesse de l'endoctrinement. Appliquer sans discuter les éventuelles consignes de l'occupant, par prudence. Ou adapter prudemment votre enseignement, en évitant les sujets sensibles tout en glissant des messages de dignité nationale.
L'école est un terrain d'influence : ce que l'on transmet aux enfants en temps d'occupation engage l'avenir. Mais toute résistance pédagogique vous expose à des sanctions. Reprendre la classe, c'est aussi assurer aux enfants une continuité rassurante dans un monde bouleversé.
Notre instituteur doit-il enseigner normalement, appliquer les consignes de l'occupant, ou adapter prudemment son cours ?
La plupart des enseignants pratiquent A ou C : l'enseignement belge maintient dans l'ensemble ses programmes et son esprit, l'occupant n'imposant pas, à ce stade, de nazification massive des écoles (contrairement à ce qu'il fera ailleurs). Les pressions s'accentueront surtout via les mouvements collaborationnistes et la Flamenpolitik. Beaucoup d'instituteurs s'efforcent de préserver, discrètement, la dignité nationale et l'esprit critique de leurs élèves. L'école devient l'un des lieux d'une résistance morale diffuse, où la continuité pédagogique est en soi une forme de refus de l'embrigadement. Le geste de rouvrir et de tenir la classe participe au maintien d'une vie civile normale sous l'occupation.









