Mihailović face à l'offre de Tito
Le colonel a rassemblé autour de lui, dès mai 1941, les éléments de l'armée royale yougoslave restés fidèles au roi et au gouvernement en exil, sur le plateau de Ravna Gora. Ses hommes, les Tchetniks (Četnici, « combattants irréguliers »), se veulent l'armée régulière clandestine de la Yougoslavie occupée, et lui-même raisonne en officier prudent : préserver ses cadres, attendre un débarquement occidental, ne pas provoquer l'occupant avant que les conditions d'un soulèvement décisif ne soient réunies.
La terreur allemande paraît lui donner raison. À Kraljevo et à Kragujevac, la Wehrmacht vient de fusiller cent otages par soldat tué, et le sang versé nourrit chez lui la conviction qu'une insurrection prématurée serait un désastre.
Face à lui, les Partisans communistes de mènent une guérilla offensive et tiennent la « République d'Užice ». Les deux chefs se sont déjà rencontrés à Struganik le 19 septembre, sans s'entendre. Le 27 octobre 1941, à Brajići, Tito revient à la charge et propose d'unir leurs forces pour un soulèvement général.
Mihailović pèse alors trois voies que tout oppose : fondre ses unités dans celles des Partisans et déclencher le combat ouvert ; refuser la fusion et ménager ses forces sur une ligne d'attente ; ou tourner d'abord ses armes contre les Partisans pour s'assurer le contrôle exclusif de la résistance serbe.
À Brajići, quelle ligne le colonel Draža Mihailović retient-il face à la proposition d'action commune de Tito ?
À Brajići, Mihailović refusa la fusion et l'insurrection générale, ne s'accordant avec Tito que sur des points secondaires. La coopération échoue. Dès le 1er novembre 1941, les Tchetniks attaquent le quartier général partisan d'Užice mais sont repoussés : la guerre civile yougoslave commence, parallèlement à la lutte contre l'occupant. Les deux mouvements s'affrontent jusqu'en 1945. La crainte des représailles et la stratégie attentiste de Mihailović, conjuguées aux preuves d'arrangements locaux tchetniks avec l'occupant, conduisirent les Alliés à transférer leur soutien à Tito : la mission de (septembre 1943) puis la conférence de Téhéran (décembre 1943) consacrèrent les Partisans comme force reconnue. Mihailović fut jugé et exécuté en 1946.









