WWII Decisions Online · Dénoncer les partisans sous la terreur des représailles en Serbie
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Dénoncer les partisans sous la terreur des représailles en Serbie

Un paysan de Šumadija, en Serbie occupée

À l'automne 1941, la Serbie occupée s'embrase. Après l'invasion de l'URSS le 22 juin, le Parti communiste yougoslave de Tito appelle au soulèvement, et dans les collines de la Šumadija, au cœur rural de la Serbie, partisans communistes et tchetniks de harcèlent les garnisons allemandes. La Wehrmacht, qui n'a que quelques divisions, répond par une terreur codifiée : l'ordre de Keitel (OKW) du 16 septembre 1941 prescrit l'exécution de 100 otages par soldat allemand tué et de 50 par blessé.

Le village est un microcosme où tout le monde se connaît. Les insurgés sont souvent des fils, des cousins, des voisins ; ils descendent la nuit chercher pain, renseignements, abri. L'occupant promet des primes en dinars pour toute information menant à un partisan, et fait peser sur chaque communauté une rétribution qui ne vise pas le coupable mais les premiers civils venus. Dénoncer peut détourner la foudre de son hameau mais expose ceux qu'on trahit ; se taire rend complice ; prévenir les partisans, c'est risquer sa vie. Octobre 1941 le montre : à Kraljevo, du 15 au 20, environ 2 000 habitants sont fusillés ; le 21, à Kragujevac, plus de 2 700 hommes et garçons sont raflés puis abattus à Šumarice, dont des lycéens entiers conduits par leurs professeurs.

La proportion de 100 pour 1 n'est pas une abstraction : c'est une machine à tuer des innocents. Le dilemme du paysan n'a rien de théorique.

Face aux partisans cachés dans les bois, le paysan doit-il les dénoncer aux Allemands, garder le silence, ou les prévenir d'un danger ?

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