Harriman à Moscou face à Staline
Fin septembre 1941, débarque à Moscou avec , chef de la délégation britannique, pour négocier avec Staline l'aide occidentale à une URSS qui chancelle sous les coups de la Wehrmacht. La Conférence de Moscou doit fixer ce que Washington et Londres livreront chaque mois : chars, avions, camions, métaux stratégiques.
Mais l'aide a un prix politique. À Washington, l'ambassadeur câble depuis juin que l'URSS sera vaincue et que tout matériel envoyé sera gaspillé. D'autres voix réclament des contreparties : informations militaires, garanties, remboursement, voire concessions diplomatiques. Beaverbrook, lui, plaide pour une générosité sans contrepartie : puisque l'Armée rouge fixe 3 millions d'Allemands, mieux vaut tout donner sans discuter.
Harriman, reçu par un Staline tour à tour glacial et chaleureux, doit trancher la posture américaine avant la signature du protocole.
Envoyé de Roosevelt à Moscou, octobre 1941 : à quelles conditions aider l'URSS qui chancelle ?
Harriman se rallie à la ligne de Beaverbrook : une aide pratiquement inconditionnelle, sans exiger de contreparties ni de renseignements détaillés en échange. Le Premier Protocole, signé le 1er octobre 1941, engage les États-Unis et la Grande-Bretagne à livrer à l'URSS environ 400 avions, 500 chars et 10 000 camions par mois, plus de l'aluminium, du cuivre, de l'étain et d'autres métaux, jusqu'en juin 1942. Roosevelt étendra l'aide Lend-Lease à l'URSS le 7 novembre 1941. Cette générosité 'no strings', défendue contre les sceptiques comme Steinhardt, deviendra l'un des piliers de l'effort de guerre soviétique.
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