Le Donbass va tomber — que faire du bassin ?
Mi-octobre 1941, les colonnes blindees du groupe d'armees Sud enfoncent le Donbass. Stalino, coeur de la region, est sur le point de tomber. Or ce bassin fournit a lui seul plus de 60 % du charbon sovietique et environ la moitie de l'acier : sa perte menace directement la production de blindes, de canons et de munitions.
Le GKO a deja lance, depuis l'ete, l'evacuation massive d'usines vers l'Oural, la Siberie et le Kazakhstan, en s'appuyant sur la directive de terre brulee du 3 juillet 1941. Mais le Donbass pose un cas extreme : ses mines profondes, ses cokeries et ses hauts-fourneaux ne peuvent etre demontes en totalite dans le temps qui reste.
Staline doit arbitrer dans l'urgence le sort de cet ensemble industriel irremplacable, entre le besoin de continuer a produire le plus longtemps possible et celui de ne rien laisser d'exploitable a l'ennemi.
Alors que les blindes allemands percent dans le Donbass, que decider du premier bassin charbon-acier de l'URSS ?
Staline et le GKO ont choisi l'evacuation des equipements transportables et des ouvriers qualifies vers l'Est, combinee a une politique de terre brulee : les mines du Donbass ont ete inondees et saccagees, les installations metallurgiques (hauts-fourneaux, cokeries, centrales) dynamitees ou rendues inutilisables avant le repli. La Wehrmacht n'a recupere qu'un bassin devaste et n'a jamais pu y retablir une production significative. Cote sovietique, la perte du Donbass provoqua un effondrement brutal de l'acier et du charbon fin 1941, compense ensuite par l'expansion forcee des bassins de l'Est (Kouzbass, Karaganda) et de l'Oural. A la liberation en 1943, le degagement et le denoyage des mines exigerent un effort de reconstruction colossal.









