Le wolfram espagnol
En 1941, l'industrie d'armement allemande dépend du wolfram (minerai de tungstène), indispensable aux aciers durs et aux outils de coupe. L'Espagne et le Portugal voisin sont les principaux gisements accessibles d'Europe occidentale, et les Alliés mènent des achats dits 'préclusifs' pour assécher le marché et priver le Reich de la ressource.
À Madrid, l'ambassadeur , en poste depuis la guerre civile, doit organiser l'approvisionnement face à cette guerre économique. Franco, redevable de l'aide allemande mais soucieux de ménager Londres et Washington, laisse jouer le marché.
Acheter au cours normal, surenchérir massivement pour évincer les acheteurs alliés, ou exiger le minerai en règlement des dettes de la guerre civile : le choix décide de l'accès du Reich à un métal stratégique.
Comment l'Allemagne doit-elle s'assurer le wolfram espagnol que les Alliés cherchent aussi à rafler ?
L'Allemagne se lança dans des achats de wolfram à prix toujours plus élevés pour l'emporter sur la guerre des prix alliée, alimentant une bulle spéculative : les recettes espagnoles d'exportation de tungstène passèrent d'environ 73 000 livres sterling en 1940 à plus de 15 millions en 1943. L'Espagne resta officiellement non belligérante tout en livrant à l'Axe ce minerai vital, jusqu'à ce que la pression américaine la pousse à le rationner fin 1943 (la 'crise du wolfram').









