Les États-Unis débarquent en Islande
Au cœur de la bataille de l'Atlantique, la sécurité des convois qui acheminent l'aide américaine vers la Grande-Bretagne est vitale. L'Islande, position stratégique au milieu de l'Atlantique Nord, est occupée par les Britanniques depuis 1940 ; mais Londres a besoin de récupérer ces troupes pour d'autres fronts. Roosevelt cherche à étendre la « zone de sécurité » américaine vers l'est sans franchir le seuil de la belligérance.
L'opinion publique reste majoritairement opposée à l'entrée en guerre, et le mouvement isolationniste guette tout pas qui rapprocherait les forces américaines d'un affrontement avec les U-Boote. Or stationner des Marines en Islande, c'est placer la marine américaine en première ligne de l'Atlantique, là où rôdent les sous-marins allemands. L'île, indépendante de fait mais liée au Danemark occupé, n'a pas sollicité cette présence et la concède sous pression diplomatique.
Roosevelt doit décider : envoyer des troupes américaines relever la garnison britannique en Islande, au risque d'incidents avec l'Allemagne ; s'en tenir à des patrouilles navales sans présence terrestre ; ou laisser les Britanniques assumer seuls cette charge. Le choix mesure jusqu'où l'Amérique « neutre » s'engage dans la guerre de l'Atlantique.
Roosevelt doit-il faire occuper l'Islande par des troupes américaines ?
Roosevelt choisit A. Le 7 juillet 1941, des Marines américains débarquent en Islande et relèvent progressivement les Britanniques, à l'invitation (négociée) du gouvernement islandais. La marine américaine se voit chargée d'escorter les convois jusqu'à l'île, ce qui la place de fait en contact avec les U-Boote. Les incidents suivent à l'automne : le destroyer Greer (septembre), puis le torpillage du Reuben James (octobre, premiers morts américains). Roosevelt ordonne de « tirer à vue » sur les sous-marins de l'Axe. L'occupation de l'Islande est une étape décisive de la « guerre non déclarée » de l'Atlantique : sans être belligérants, les États-Unis combattent déjà, de fait, dans l'ombre — jusqu'à Pearl Harbor.









