L'instituteur soviétique face à l'avance allemande
Le 22 juin 1941, le déclenchement de l'opération Barbarossa surprend l'Union soviétique. Sur l'axe central, les blindés du du maréchal von Bock foncent vers l'est : les groupes Panzer de Guderian et Hoth se referment derrière Minsk, qui tombe vers le 28 juin 1941. La poche de Białystok-Minsk coûte à l' des centaines de milliers de prisonniers. La capitale biélorusse est prise si vite que l'évacuation organisée y échoue : les populations fuient dans le chaos, sous les bombardements.
Cette précipitation pèse sur les enseignants de la zone frontalière. L'évacuation de Minsk ne pouvait être pilotée par le Comité de défense de l'État (GKO), créé seulement le 30 juin, après la chute de la ville. L'organe compétent est le Conseil pour l'évacuation, institué dès le 24 juin 1941. Plus à l'est, à mesure que le front recule, l'évacuation devient massive : de juillet à novembre 1941, environ 1 523 entreprises sont transférées vers l'Oural, la Volga, la Sibérie, avec leurs personnels. Pour un enseignant, suivre ce flux signifie rejoindre Oufa, Tachkent ou Sverdlovsk.
Le dilemme est réel : partir vers l'inconnu en abandonnant son école, ou rester sous une occupation dont on ignore la brutalité.
Devant l'irruption de la Wehrmacht à l'été 1941, que fait le plus souvent un enseignant soviétique de la zone menacée ?
Le schéma documenté de masse à l'été et à l'automne 1941 est l'évacuation vers l'est. Là où, comme à Minsk tombée vers le 28 juin, la fuite fut chaotique et souvent impossible, les habitants se retrouvèrent piégés sous occupation. Mais partout où le temps le permit, le Conseil pour l'évacuation créé le 24 juin organisa le transfert vers l'Oural et la Volga d'environ 1 523 entreprises et de millions de personnes, dont d'innombrables enseignants et leurs élèves rescolarisés à l'arrière. Les destructions volontaires d'écoles par des instituteurs isolés furent l'exception, non la règle.









