Le 29 janvier 1941, , dictateur de la Grèce et artisan du « Non » à Mussolini, meurt brusquement à Athènes d'une infection, en pleine guerre victorieuse contre l'Italie en Albanie. Sa disparition crée un vide au sommet de l'État grec à un moment critique : l'armée grecque, victorieuse mais épuisée, tient le front albanais, mais l'ombre d'une intervention allemande dans les Balkans grandit.
Le roi nomme pour lui succéder le banquier , homme intègre mais sans envergure politique. Le nouveau chef du gouvernement hérite d'un dilemme stratégique majeur, jusque-là tranché par la prudence de Metaxas : faut-il accepter l'envoi d'un corps expéditionnaire britannique sur le sol grec pour se préparer à l'attaque allemande ?
Metaxas avait toujours refusé une aide terrestre britannique massive, craignant qu'elle ne serve de prétexte à Hitler pour envahir la Grèce, sans être assez forte pour l'arrêter. Koryzis doit reprendre la question : maintenir la ligne prudente de son prédécesseur, accepter les troupes britanniques que Churchill propose, ou concentrer toutes les forces grecques contre l'Italie en pariant que l'Allemagne n'attaquera pas.
Koryzis doit-il accepter un corps expéditionnaire britannique en Grèce ?
Koryzis finit par accepter B : en février-mars 1941, après la mission à Athènes d'Eden et du général Dill, la Grèce consent au débarquement d'un corps expéditionnaire britannique et du Commonwealth (l'opération Lustre), prélevé sur les forces victorieuses en Libye. Le pari tourne mal : l'aide alliée, trop faible pour arrêter la Wehrmacht, fournit à Hitler le prétexte qu'il cherchait. L'invasion allemande d'avril 1941 (opération Marita) submerge la Grèce en quelques semaines. Koryzis, accablé, se suicide le 18 avril 1941. La mort de Metaxas prive ainsi la Grèce de son chef au pire moment, et la décision d'accueillir les Britanniques précipite l'épreuve qu'elle voulait conjurer.









