Après la garantie donnée à la Pologne, le Royaume-Uni et la France engagent des pourparlers avec l'URSS pour bâtir un front commun contre l'Allemagne. Sur le papier, l'alliance des trois puissances encerclerait le Reich et le dissuaderait d'attaquer à l'Est.
Mais les négociations achoppent. Plusieurs lignes de fracture traversent le camp occidental : la valeur militaire de l', affaiblie par les purges, fait débat ; le communisme inspire une défiance ancienne dans une partie de la classe dirigeante. Surtout, Moscou réclame des garanties contre une « agression indirecte » visant les États baltes, notion que les Soviétiques veulent large et dont les conséquences pour la souveraineté de petits États divisent Londres et Paris. Staline, de son côté, soupçonne les Occidentaux de vouloir le pousser seul au combat contre l'Allemagne.
Le dilemme est clair pour Londres. Faut-il poursuivre l'alliance soviétique sans réserve, en dépêchant à Moscou un négociateur de haut rang et en cédant sur les garanties réclamées par Staline ? Mener ces pourparlers avec prudence et lenteur, en limitant le rang des émissaires ? Ou renoncer à l'URSS pour s'appuyer seulement sur la Pologne et l'Ouest ? Le temps presse, et Berlin observe.
Londres doit-il rechercher sans réserve l'alliance soviétique, ou la mener du bout des lèvres par méfiance ?
Le gouvernement britannique choisit B : il poursuit les négociations sans conviction ni célérité, envoie à Moscou des diplomates de second rang, et refuse de céder sur la question des États baltes. Chamberlain se méfiait profondément du communisme et doutait de la valeur militaire de l'. Cette tiédeur, conjuguée à la méfiance réciproque, convainc Staline que les Occidentaux ne veulent pas — ou ne peuvent pas — lui offrir la sécurité qu'il recherche. Tandis que les pourparlers piétinent, Molotov garde ouverte l'autre porte, celle de Berlin. La lenteur occidentale de l'été 1939 figure parmi les facteurs qui rendront possible le renversement d'alliances d'août. Côté soviétique, cette tiédeur nourrit la conviction que seul un accord avec Berlin offrirait sécurité et gains immédiats.









