Le quatrième Buna — où planter l'usine
Début 1941, le caoutchouc naturel est coupé par le blocus et les trois usines Buna existantes (Schkopau, Hüls, Ludwigshafen) ne suffiront pas à une guerre qui s'éternise. Toutes trois sont proches des frontières du Reich, donc jugées exposées aux bombardiers britanniques. , patron de l'expansion chimique, charge , l'ingénieur maison du Buna, d'arbitrer le site d'une quatrième usine géante.
Plusieurs emplacements sont sur la table. Il faut du charbon, de la chaux, du sel et de l'eau en abondance, de bonnes voies ferrées, et une distance suffisante des terrains d'aviation ennemis. Agrandir les sites rodés, s'installer dans un pays occupé loin des frontières, ou bâtir à neuf au cœur d'une région minière : chaque piste engage des années de construction et des dizaines de milliers d'ouvriers.
Ambros parcourt les dossiers, visite les terrains et remet son arbitrage au conseil. La direction tranche en février 1941.
Où IG Farben doit-elle implanter sa quatrième usine de caoutchouc synthétique Buna ?
IG Farben retint le site d'Oświęcim (Auschwitz), en Haute-Silésie, et le conseil approuva le 22 février 1941 la construction de l'usine Buna IV. Le site abandonné de Rattwitz, près de Breslau, fut écarté, de même que l'option norvégienne évaluée par Ambros. Outre le charbon, le sel, la chaux et l'eau de la Vistule, hors de portée des bombardiers, le facteur décisif fut la main-d'œuvre forcée : Krauch obtint en février 1941 l'accord de Himmler pour fournir les détenus du camp voisin. L'usine, jamais pleinement opérationnelle, devint le cœur du camp de travail de Monowitz (Auschwitz III).









