Des chaînes d'autos pour un moteur d'avion
À l'automne 1939, le moteur Merlin de Rolls-Royce équipe les Spitfire, les Hurricane et bientôt les bombardiers lourds. Mais l'usine de Derby ne suit pas : la cadence reste loin des besoins d'une RAF qui se prépare à un affrontement majeur dans les airs.
Le gouvernement a lancé un programme d'« usines de l'ombre » confiant à de grands industriels la fabrication d'équipements militaires sous licence. L'industrie automobile, avec ses immenses chaînes de montage, est sollicitée — mais un moteur d'aviation exige une précision sans commune mesure avec une voiture de série.
Faut-il confier le Merlin à un constructeur automobile, au risque d'un long délai de mise au point et d'une qualité incertaine, ou garder la maîtrise totale chez Rolls-Royce ?
Comment augmenter d'urgence la production du moteur Merlin ?
Le Merlin fut produit sous licence par l'industrie automobile dans le cadre du programme d'usines de l'ombre : Ford of Britain construisit une usine dédiée à Trafford Park (Manchester) qui livra des Merlin à partir de 1941, tandis que Packard en fabriquait aux États-Unis. Ford imposa ses propres standards de tolérances très serrés et obtint une production de masse fiable. Cette mobilisation de l'industrie automobile démultiplia la production de Merlin et soutint l'effort aérien britannique sur la durée.









