Un avion de combat tout en bois
À l'automne 1939, la doctrine officielle veut des avions de combat en métal, lourdement armés. De Havilland propose l'inverse : un bimoteur rapide construit en bois contrecollé, misant tout sur la vitesse et la légèreté plutôt que sur l'armement défensif.
Le bois est abondant et peut être façonné par des menuisiers et des ateliers d'ameublement, hors des filières métallurgiques saturées. Mais l'Air Ministry doute qu'un appareil sans tourelles ni mitrailleuses défensives puisse survivre, et qu'un avion en bois mérite le statut d'appareil de première ligne.
Faut-il imposer ce concept à contre-courant, attendre des conditions plus favorables, ou le présenter sous une étiquette plus modeste pour ne pas heurter la doctrine ?
Quel pari technique de Havilland doit-il défendre devant l'Air Ministry ?
De Havilland persista dans son concept de bimoteur rapide en bois, non armé, misant sur la vitesse pour échapper à l'ennemi. Après bien des réticences, l'Air Ministry passa commande fin 1939-début 1940 et le prototype du Mosquito vola en novembre 1940. Propulsé par des Merlin, l'appareil se révéla parmi les plus rapides de son temps et fut décliné en chasseur de nuit, bombardier léger, intrus et avion de reconnaissance photographique. Sa construction en bois, loin d'être un handicap, libéra des capacités et mobilisa une main-d'œuvre du travail du bois.









